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Volume 35, Issue 35 (2026)Read More

Current Articles

  • Journal Article2 March 2026

    Introduction – Carnets filmiques, carnets sonores : des essais intimes et collectifs

    Le sens à attribuer à la notion de carnet filmique ou de carnet sonore suscite quelque indécision, en raison du caractère composite et mouvant des cas envisagés. L’enjeu principal ne paraît ainsi pas ici celui d’une définition serrée d’un objet, mais plutôt une attention accordée à des tentatives de réalisation. De surcroît, si la forme-carnet permet à peu près tout, elle n’interdit donc véritablement rien : l’esquisse, le brouillon, l’approximation, voire l’échec et l’interruption. [...]
  • Journal Article2 March 2026

    « Voi(e)x de l’exil, formes de la pensée » : le cinéma-essai de Borhane Alaouié »

    This article offers a comprehensive study of Borhane Alaouié’s work, a central figure in modern Lebanese cinema, situating it within the tradition of the essay film. Through an analysis of Lettre d’un temps d’exil, À toi où que tu sois and Khallas, it examines how exile, wounded memory, and fragmentary thought shape the filmmaker’s aesthetic and ethical approach. Exile is explored not only as a geopolitical condition but as an interior state, a persistent uncertainty that structures voices, narratives and images. The study highlights the importance of voice-over, fragmentation, memory-driven editing and epistolary address, while positioning Alaouié’s work in dialogue with other Lebanese, Arab and international filmmakers. Special attention is given to the discreet yet foundational presence of Palestine as a shared memory and shadow motif. The article ultimately reveals a cinema where thinking, witnessing and resisting merge into a singular poetic and political gesture.
  • Journal Article2 March 2026

    The personal is collective: Egyptian first-person – Documentary cinema as post-revolution diary

    The 2011 Egyptian revolution marked a watershed moment in the reconfiguration of individuality, autonomy and self-expression within Egyptian society. Challenging long-standing collectivist frameworks, the revolutionary moment opened new spaces for individual agency and subjective reflection. This paper examines how these shifts intersect with the rise of first-person documentary cinema as a powerful medium for articulating post-revolutionary subjectivity in Egypt. Focusing on The Past Will Return (2015) by Dina Hamza, Happily Ever After (2016) by Nada Riyadh and Ayman El Amir, and Little Eagles (2016) by Mohamed Rashad, the paper analyzes how filmmakers negotiate personal desires, familial pressures and collective belonging in the aftermath of 2011. Through close textual and formal analysis, the paper examines themes of autonomy, agency and the individual vis-à-vis the collective in post-revolutionary first-person documentary cinema. The paper argues that this cinematic genre does not merely reflect post-revolutionary change, but actively participates in reconfiguring subjectivity by foregrounding personal experience and reflective self-questioning as legitimate political and aesthetic modes. Résumé La révolution égyptienne de 2011 constitue une étape charnière dans la reconfiguration de l’individualité, de l’autonomie et des formes d’expression de soi au sein de la société égyptienne. En remettant en cause des cadres collectivistes profondément ancrés, ce moment a initié de nouveaux espaces d’agentivité individuelle et de réflexion subjective. Cet article examine la manière dont ces transformations s’articulent avec l’essor du cinéma documentaire à la première personne, envisagé comme un médium privilégié de l’expression des subjectivités postrévolutionnaires en Égypte. En se concentrant sur The Past Will Return (2015) de Dina Hamza, Happily Ever After (2016) de Nada Riyadh et Ayman El Amir, ainsi que Little Eagles (2016) de Mohamed Rashad, l’article analyse la manière dont les cinéastes négocient les tensions entre désirs personnels, pressions familiales et appartenances collectives dans l’après-2011. À partir d’analyses textuelles et formelles rapprochées, il interroge les notions d’autonomie, d’agentivité et la place de l’individu face au collectif dans le cinéma documentaire à la première personne postrévolutionnaire. L’article soutient que ce genre cinématographique ne se contente pas de refléter les transformations postrévolutionnaires, mais participe activement à la reconfiguration des subjectivités en instituant l’expérience personnelle et l’autoréflexivité comme modes politiques et esthétiques pleinement légitimes. Mots-clés Cinéma égyptien postrévolutionnaire ; documentaire à la première personne ; révolution égyptienne (2011) ; carnets filmiques ; relations individu-collectif ; subjectivité postrévolutionnaire ; mémoire collective
  • Journal Article2 March 2026

    Du journal de deuil à l’œuvre de sépulture : « Lo » (Thanassis Vassiliou, 2021-2025)

     After his mother’s death in 2017, Thanassis Vassiliou returned to Greece and began filming. The instinctive act of recording aimed both to come to terms with the now definitive absence in places still filled with memories, and to document his own reactions, attempting to preserve them even if he could not fully understand them. These filmic notes could perhaps, later on, allow another perspective, according to the dynamic that Antoine Compagnon aptly analyzed as paradoxical in relation to Barthes’s Mourning Diary: “mourning and narrative are antinomic, but [...] only narrative [...] is capable of expressing the experience of mourning, the paradox being resolved if we take into account the double meaning of the word mourning, as the perpetuation of a state of grief, immutable and undialectical, and as an active process of emerging from this state.” Beyond the reflex to capture images with the near-instantaneous speed afforded by smartphones, the difficulty of finding the appropriate form to give to these fragments arose with even greater urgency, as it involved both the processes of film creation and navigating grief. By tracing the genesis of the film Lo, this article aims to analyze the interactions between, on the one hand, a creative process which, stemming from a filial anxiety rekindled by the mother’s death, required a co-writer to successfully configure the initial film diary, and, on the other hand, the transition from a journal of mourning to what Pierre Fédida called “the work of sepulchre,” that is, “this preparation, after death, of the place that will make communication between the living and the dead possible.” Résumé Après la mort de sa mère en 2017, Thanassis Vassiliou retourne en Grèce et se met à filmer les démarches qui balisent le deuil. Le geste d’enregistrement, instinctif, vise aussi bien à apprivoiser l’absence désormais définitive dans les lieux autrefois habités et encore peuplés de souvenirs qu’à documenter ses propres réactions, tenter de les conserver à défaut de les comprendre entièrement et ménager peut-être, ultérieurement, la possibilité d’un autre regard, selon la dynamique qu’Antoine Compagnon a bien analysée comme paradoxale à propos du Journal de deuil barthésien : « deuil et récit sont antinomiques, mais […] seul le récit […] est capable de dire l’expérience du deuil, le paradoxe étant levé si l’on veut bien prendre en compte la double acception du mot deuil, comme perpétuation d’un état de chagrin, immuable et indialectique, et comme processus actif de sortie de cet état. » Au-delà du réflexe de capter des images avec la quasi-immédiateté que permet le smartphone, la difficulté de trouver la forme adéquate à donner à ces fragments s’est ensuite posée avec d’autant plus d’acuité qu’elle engageait aussi bien la gestation de l’œuvre que la traversée du chagrin. En retraçant la génétique du film Lo, l’article entend analyser les interactions entre, d’une part, un cheminement créatif qui, à partir d’une angoisse filiale ravivée par la mort de la mère, a eu besoin d’un co-scénariste pour réussir à configurer l’initial carnet filmique et, d’autre part, le passage d’un journal de deuil à ce que Pierre Fédida a nommé « l’œuvre de sépulture », soit « cette préparation, après la mort, du lieu qui rendra possible la communication entre les vivants et les morts. » Mots-clés journal de deuil, carnet filmique, essai documentaire, archives, mémoire, trauma, œuvre de sépulture, Pierre Fédida, Thanassis Vassiliou
  • Journal Article2 March 2026

    Triste souvenir et sombre avenir, « Lettre à ma sœur » (2006) de Habiba Djahnine

    This article explores how Letter to My Sister (2006), a film by director and poet Habiba Djahnine dedicated to her sister Nabila, a democratic and feminist activist who was murdered by Islamist terrorists in Tizi Ouzou in 1995, revisits the fate of the direct and indirect victims of Algeria’s dark decade of the 1990s and the repressive religious and state policies towards women. It employs a narrative structure that combines several film genres – film-letter, film-journey, film-poem, and film-archive – showing situations in which memories and pain are shared, as well as the necessary perpetuation of a struggle that is more relevant than ever. Résumé Cet article examine la manière dont Lettre à ma sœur (2006), que la réalisatrice et poétesse Habiba Djahnine consacre à sa sœur Nabila, militante démocratique et féministe, assassinée par les terroristes islamistes à Tizi Ouzou en 1995, revient sur la situation des victimes directes et indirectes de la décennie noire algérienne des années 1990 et une politique religieuse et d’État répressive à l’égard des femmes. Il met en œuvre une construction narrative située entre plusieurs genres filmiques – film-lettre, film-voyage, film-poème et film-archive – nous donnant à voir des situations faites de partage du souvenir et de la douleur, et la nécessaire perpétuation d’un combat plus que jamais d’actualité. Mots-clés Nabila Djahnine, film-lettre, militantisme, lutte des femmes, violence et assassinat, traumatisme, deuil, intimité, archives, décennie noire algérienne, Code de la famille.
  • Journal Article2 March 2026

    Beyrouth 1978-1982 : le fonds photographique de Monica Maurer – Une collection contre l’oubli et la destruction

    It was while searching for unused film footage on the Palestinian struggle for a documentary essay that I discovered the filmography of German director Monica Maurer and her work restoring and preserving Palestinian films. For the past four years, we have been working together to digitise and catalogue the photographs and documents she still keeps at home. I reflect on the paths opened up by the writing of a film in the making, on the formatting of Monica Maurer’s photographic collection, and on the initial prospects for visual and historical studies of this material in the particular context of the dispersion of Palestinian archives. Résumé C’est en cherchant des rushes non utilisés de films sur la lutte palestinienne pour la réalisation d’un essai documentaire que j’ai découvert la filmographie de la réalisatrice allemande Monica Maurer et son travail de restauration et de conservation de films palestiniens. Depuis quatre ans, nous travaillons ensemble à numériser et cataloguer les photographies et les documents qu’elle conserve encore chez elle. Je reviens sur les chemins qu’a ouverts l’écriture d’un film en devenir, sur la mise en forme de la collection photographique de Monica Maurer et sur les premières perspectives d’études visuelles et historiques de cette matière dans le contexte particulier de la dispersion des archives palestiniennes. Mots-clés Monica Maurer, Palestine, Liban, photographies, cinéma, mémoire, histoire collective
  • Journal Article2 March 2026

    Sonorisation de l’anarchive ou la Palestine comme projet politique – À l’écoute de « A Fidai Film » de Kamal Aljafari et de « Partition » de Diana Allan

    Kamal Aljafari’s A Fidai Film draws on Palestinian archives confiscated by Israel in Beirut in 1982. Diana Allan created Partition using archives from Mandatory Palestine held at the Imperial War Museum in London. The film notebook not only refers to a type of fragmentary editing, but also allows us to revisit the relationship between sound and image, thus offering an exercise in remembrance in the present. By adding sound to images, the two filmmakers question the contradictions inherent in archives, their erasure or their resistance to authoritative or propagandistic discourse. Thus, under the guise of sensory and sound anthropology for Diana Allan or acoustic ecology for Kamal Aljafari, these two films enable us to project soundscapes of a Palestine in the making, as a promise capable of countering the genocidal logic that has wounded this territory for 75 years. Résumé A Fidai Film de Kamal Aljafari travaille à partir des archives palestiniennes confisquées par Israël en 1982 à Beyrouth. Diana Allan élabore Partition avec des archives de la Palestine mandataire conservées au Musée impérial de la guerre à Londres. Le carnet filmique désigne non seulement un type de montage fragmentaire, mais il permet aussi de revenir sur les rapports entre son et image, proposant ainsi un exercice de remémoration au présent. En sonorisant les images, les deux cinéastes mettent en œuvre un questionnement sur les contradictions inhérentes à l’archive, leur effacement ou leur résistance aux discours d’autorité ou de propagande. Ainsi, sous couvert d’une anthropologie sensorielle et sonore pour Diana Allan ou d’une écologie acoustique pour Kamal Aljafari, ces deux films nous permettent de projeter des paysages sonores d’une Palestine en devenir, comme une promesse en mesure de déjouer la logique génocidaire qui meurtrit ce territoire depuis 75 ans. Mots-clés Found footage film, Archives, Son, Palestine, Paysage sonore, field recording, Anthropologie sensorielle
  • Journal Article2 March 2026

    « From Ground Zero » et « Letters » : carnets polyphoniques en quête d’intersubjectivité

    The two polyphonic films From Ground Zero (2025, produced by Rashid Masharawi) and Letters (2025, produced by Josef Khallouf) bring together, in response to the war in Gaza, unique short films, letters and chronicles that address collective questions. How do these films take charge of the urgent need to problematize, aesthetically and politically, the relationship between subjectivity and the collective? From the Palestinian enclave or neighboring Lebanon, they seek irreducible singularities and intersubjective connections in the face of the horror of genocide. Caught in a complex combination of places and times, their address to our spectatorial gaze thus reveals the limits of empathy. Résumé Les deux films polyphoniques From Ground Zero (2025, produit par Rashid Masharawi) et Letters (2025, produit par Josef Khallouf) rassemblent, en réponse à la guerre à Gaza, des courts-métrages singuliers, lettres et chroniques, qui nous adressent des questions collectives. Comment ces films prennent-ils en charge l’urgente nécessité de problématiser esthétiquement et politiquement l’articulation entre subjectivité et collectif ? Depuis l’enclave palestinienne ou le Liban voisin, ils cherchent des singularités irréductibles et des mises en relation intersubjectives face à l’horreur du génocide. Pris dans une complexe conjugaison des lieux et des temps, leur adresse à notre regard spectatoriel nous révèle ainsi les limites de l’empathie. Mots-clés Carnets polyphoniques, intersubjectivité, adresse, Palestine, Liban
  • Journal Article2 March 2026

    Videotracts for Palestine : Images et contre-images

    This article examines the political and aesthetic gesture of Videotracts for Palestine, a collective founded on Instagram in November 2023 in the context of the Israeli offensive in Gaza. Heirs to the ciné-tracts of 1968 and, more broadly, to international militant cinema, these very short anonymous films also mobilize contemporary digital tools and produce what might be called a counter-visuality of resistance. The study highlights how the collective situates itself within a tradition of images as weapons of struggle while inventing its own forms, shaped by the massive circulation enabled by the Internet and social media. The videotracts deconstruct hegemonic representations while reinserting fragments of Palestinian reality that are absent from the dominant media space. Editing plays a central role: it becomes a heuristic gesture of relational thinking, a mode of affective engagement (pathos, attraction), and a possible vector of action and ethics. These films are defined by a heterogeneous aesthetic—ranging from biting irony to poetic expression, rage, and oniricism—but converge toward a single aim: to make images where only closed visuals circulate, thus opening a space of visibility, recognition, and struggle. Résumé Cet article analyse le geste politique et esthétique de Videotracts for Palestine, collectif né sur Instagram en novembre 2023 dans le contexte de l’offensive israélienne à Gaza. Héritiers des ciné-tracts de 1968 et plus largement du cinéma militant international, ces très courts films anonymes mobilisent aussi les outils numériques contemporains et produisent ce que l’on pourrait appeler une contre-visualité de résistance. L’étude met en évidence la manière dont le collectif s’inscrit dans une tradition d’images comme armes de lutte tout en inventant ses propres formes, façonnées par la circulation massive permise par Internet et les réseaux sociaux. Les vidéotracts déconstruisent les représentations hégémoniques tout en réinscrivant des fragments de réalité palestinienne absents de l’espace médiatique dominant. Le montage y occupe une place centrale : il devient un geste heuristique de mise en relation, un mode d’engagement affectif (pathos, attraction) et un vecteur possible d’action et d’éthique. Ces films se définissent par une esthétique hétérogène – entre ironie grinçante, poéticité, rage et onirisme – mais convergent vers une même finalité : faire image là où ne circulent que des visuels clos, ouvrir ainsi un espace de visibilité, de reconnaissance et de lutte. Mots-clés Vidéotracts, Palestine, cinéma militant, vidéoactivisme, numérique
  • Journal Article2 March 2026

    Des sons pour l’histoire. Correspondance avec Mohammed Yaghi

    Sounds for History. Correspondence with Mohammed Yaghi Mohammed Yaghi was born in 1992 and trained in sound engineering in Gaza. He has worked for UNRWA television and collaborated with Palestinian and international documentary film production companies. These sound recordings for films, educational programs and interviews were the first step in the sound diary that he has kept on building on a daily basis. [...] Résumé Mohammed Yaghi est né en 1992 et s’est formé aux métiers du son à Gaza. Il a travaillé à la télévision de l’UNRWA et collaboré avec des maisons de productions palestiniennes et internationales de films documentaires. Ces enregistrements sonores pour les besoins de films, de programmes éducatifs ou d’interviews ont été une première étape du journal sonore qu’il continue d’enrichir jour après jour.  [...]
  • Journal Article2 March 2026

    Carnets de bord. Tables d’orientation « Tariq Teguia »

    This interview by Pascale Cassagnau with Tariq Teguia puts into perspective the Algerian filmmaker’s work notebooks, which are both autonomous objects and working documents, linked to the film itself. A medium for thought, the notebook is a space for language, a score and a cartographic space that gives shape to the writing of the film in a graphic way. A discursive space parallel to the space of scriptwriting, the notebook accompanies the development of the film from its inception, collecting the writing of thought in no particular chronological order. Résumé Cet entretien de Pascale Cassagnau avec Tariq Teguia met en perspective les carnets de travail du cinéaste algérien qui constituent à la fois des objets autonomes et des documents de travail, s’articulant au travail même du film. Support pour la pensée, le carnet est un espace de langage, une partition et un espace cartographique qui donne forme à l’écriture du film sur un mode graphique. Espace discursif parallèle à l’espace d’écriture du scénario, le carnet accompagne l’élaboration du film dès ses prémices, recueillant sans chronologie l’écriture de la pensée. Mots-clés Tariq Teguia, carnet, cartographie, écriture, film, cinéma
  • Journal Article2 March 2026

    Le vent du Sud, « La nuit et l’enfant » – Récit d’une vidéo-correspondance avec Zoheir Mefti

    Entre 2011 et 2012, Zoheir Mefti et David Yon ont entretenu une correspondance autour de la réalisation filmique. A travers leurs échanges, ils questionnent la nécessité de l’image. Zoheir Mefti travaille un geste filmique de l’urgence, tandis que David Yon prépare un film en Algérie dans un temps plus long. Après les mots, ils partagent des images et des sons, tels des carnets filmiques, dans lesquels ils donnent leurs positions et interrogent les liens entre la vie et le cinéma.
  • Journal Article2 March 2026

    Des arbres comme des lignes de vie – Pascale Cassagnau et Suhaib Gasmelbari en conversation

    As part of a study day organized in September 2025 at the University of Grenoble Alpes in partnership with the Centre National des Arts Plastiques entitled “The Loss of Images: Research and Creative Narratives,” Pascale Cassagnau and Suhaib Gasmelbari discussed his film Talking about Trees (2019), focusing on the film’s sources and structure, the history of Sudanese cinema that it reveals within the film itself, and the metaphors of trees and plants as lifelines and living archives at a time when images have disappeared. Résumé Dans le cadre d’une journée d’études organisée en septembre 2025 à l’Université Grenoble Alpes en partenariat avec le Centre National des Arts Plastiques et intitulée « La perte des images : récits de recherches et créations », Pascale Cassagnau et Suhaib Gasmelbari se sont entretenus autour de son film Talking about Trees (2019), à propos des sources du film et de sa construction, de l’histoire du cinéma soudanais qu’il expose à l’intérieur même de l’espace filmique, des métaphores de l’arbre et du végétal comme lignes de vie et comme archive vivante, au moment où les images ont disparu. Mots-clés Cinéma, Soudan, Archives, Suhaib Gasmelbari, Arbres

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  • Journal Article
    31 December 2024

    The Homecoming Readings on Theater inside Syria

    This research focuses on theater inside Syria during the decade following the Syrian revolution. It examines the theatrical aesthetics of prominent experiences while attempting to understand the impact of everyday life challenges and the internal conflicts on Syrian theater. I argue that similar challenges may create post-conflict theatrical forms that are informed by a certain sense of allegiance to the city and the art form of the stage. While borrowing Diana Taylor’s concept of multiple allegiances and strategies of doubling and staying the same, the present scholarship looks into the decision of staying inside Syria as both an aesthetic framework and a modus that challenge political polarization. Résumé Cette recherche met en abyme le théâtre local en Syrie au cours de la décennie qui a suivi la révolution syrienne. Elle examine l’esthétique théâtrale d’expériences marquantes tout en essayant de comprendre l’impact des défis de la vie quotidienne et des conflits internes sur les modes de représentation théâtrale. Je soutiens que des défis similaires peuvent créer des formes théâtrales post-conflit qui sont informées par un certain sentiment d’allégeance à la ville et à la forme d’art de la scène. Tout en empruntant le concept d’allégeances multiples de Diana Taylor et les stratégies de doublement et « du maintien du même », la présente recherche examine la décision de rester en Syrie à la fois comme un cadre esthétique et un modus operandi qui remet en question la polarisation politique.
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  • Journal Article
    31 March 2023

    Belonging on Stage: Theatre as a Practice of Belonging for The Syrian Diaspora in Turkey

    This article is a preliminary research focusing on the role of theatre as a belonging practice for the Syrian diaspora in Turkey. Based on a qualitative and narrative research methodology, the work analyzes the experience of the Theatre Scene group and their performance of the play Outside the Flock. Building on the belonging conceptual framework presented by Yuval-Davis (2006), the work offers an overview of how theatre served as both a space and a practice of belonging for the Syrian diaspora. It contributes to the growing scholarship on diasporic arts, highlighting the specificity of the Syrian theatrical experience. Résumé Cet article présente une recherche préliminaire sur le rôle du théâtre comme pratique d’appartenance pour la diaspora syrienne en Turquie. Fondé sur une méthode qualitative et narrative, le travail analyse l’expérience du groupe « Theatre Scene » et leur représentation de la pièce Outside the Flock. En s’appuyant sur le cadre conceptuel de l’appartenance élaboré par Yuval-Davis (2006), il présente la manière dont le théâtre a constitué un espace et une pratique d’appartenance pour la diaspora syrienne. Il contribue aux études de plus en plus nombreuses sur les arts des diasporas, en mettant en lumière la spécificité de l’expérience du théâtre syrien.
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  • Journal Article
    30 October 2022

    Imagining Lebanon with Islamic Art: The 1974 Exhibition at the Nicolas Sursock Museum

    Focusing on the first exhibition of Islamic art in Lebanon, organized by the Nicolas Sursock Museum in 1974, this article shows how the construction and the operationalization of the concept of Islamic art overlapped with postcolonial endeavors to foster national identity. By closely examining the making of the art exhibition and tracing material histories intersecting in Beirut, it elicits constructions of the national, the secular, and the spiritual via the notion of art. It contributes to the growing scholarship on the historiography of Islamic art, regional museums, and nation-building in the second half of the 20th century. Résumé S'intéressant à la première exposition d’art islamique au Liban, organisée par le musée Nicolas Sursock en 1974, cet article montre comment la construction et l’opérationnalisation du concept d’art islamique se sont chevauchées avec les efforts postcoloniaux promouvant l’identité nationale. En examinant de près la réalisation de l’exposition et en retraçant les histoires matérielles qui se croisent à Beyrouth, il met en lumière des constructions du national, du séculier et du spirituel à travers la notion d’art. Il contribue aux études croissantes sur l’historiographie de l’art islamique, les musées régionaux et l’édification de la nation dans la seconde moitié du XXe siècle.
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  • Journal Article
    31 March 2025

    A Polyphonic Adaptation: Noir Sensibilities in Naguib Mahfouz and Salah Abu Seif’s Take on Émile Zola’s "Thérèse Raquin"

    In 1951, Salah Abu-Seif directed Lak Yūm yā ẓālim (Your Day Is Coming) – scripted by Naguib Mahfouz – adapting Émile Zola’s Thérèse Raquin (1867). In their third collaboration, Abu-Seif and Mahfouz went beyond merely adapting Zola’s novel – they also incorporated traits and techniques from film noir, creating what this article terms a “polyphonic adaptation” that draws from multiple sources. While their partnership is often credited with pioneering realism in Egyptian cinema, this article argues that the film’s crime-thriller elements invite a reassessment of that narrative. Although adapting French novels was common in pre-1952 Egyptian cinema, their choice of Thérèse Raquin – a novel central to the post–World War II transcultural noir sensibility – suggests that the connection between film noir and Egyptian cinema is both earlier and deeper than commonly assumed. Résumé En 1951, Salah Abu-Seif réalise Lak Yūm yā ẓālim (Ton jour viendra), adaptation de Thérèse Raquin d’Émile Zola (1867), d’après un scénario de Naguib Mahfouz. Pour leur troisième collaboration, Abu-Seif et Mahfouz ne se contentent pas d’adapter le roman de Zola ; ils y intègrent également des traits et des techniques du film noir, créant ainsi ce que cet article qualifie d’« adaptation polyphonique », qui navigue librement entre plusieurs sources. Si leur partenariat est avant tout reconnu pour avoir posé les bases du réalisme cinématographique égyptien, cet article propose de nuancer cette lecture en mettant en avant l’inscription du film dans le thriller criminel. Bien que l’adaptation de romans français ait été une pratique courante dans le cinéma égyptien avant 1952, le choix de Thérèse Raquin – roman central dans la sensibilité noir d’après-guerre – suggère que la connexion entre film noir et cinéma égyptien est plus ancienne et plus profonde qu’on ne le suppose généralement.
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  • Journal Article
    30 October 2025

    Contentious culture: The convergence and contestation of class and identity in egypt’s mahraganat scene

    Since its inception in the early 2000s, Mahraganat music has undermined traditional cultural gatekeeping and reshaped Egypt’s music scene, becoming one of the country’s most debated music genres in recent history. This paper aims to examine Mahraganat within the broader context of cultural identity formation and technological developments and contextualize the criticism of the genre and its makers. Building on research conducted in Egypt’s capital between 2019 and 2024, this paper explores the history of cultural gatekeeping and argues that social class lies at the core of the heated debate surrounding Egyptian music and Mahraganat in particular. It shows that Mahraganat producers reject the elitists’ notion that Mahraganat is ‘un-Egyptian’, considering themselves a continuation of Egypt’s rich and enduring musical heritage. Résumé Depuis sa naissance au début des années 2000, le Mahraganat a réussi à saboter le contrôle culturel traditionnel et à remodeler la scène musicale égyptienne, devenant ainsi l’un des genres les plus contestés de notre époque. Cet article examine le Mahraganat sous l’angle de la formation d’une identité culturelle et des développements technologiques, tout en contextualisant la stigmatisation du genre et de ses créateurs. S’appuyant sur des recherches menées au Caire entre 2019 et 2024, il retrace l’histoire du contrôle culturel et démontre que les questions de classe sont au cœur du débat entourant le Mahraganat. Le travail de terrain révèle que les producteurs de Mahraganat rejettent l’idée élitiste selon laquelle ce genre ne serait pas « égyptien » ; ils se considèrent au contraire comme les héritiers de la riche tradition musicale du pays plutôt que comme un phénomène marginal. Mots-clés Mahraganat, ligne sonore de classe, identité culturelle, questions de classe, ethnomusicologie
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  • Journal Article
    2 March 2026

    Videotracts for Palestine : Images et contre-images

    This article examines the political and aesthetic gesture of Videotracts for Palestine, a collective founded on Instagram in November 2023 in the context of the Israeli offensive in Gaza. Heirs to the ciné-tracts of 1968 and, more broadly, to international militant cinema, these very short anonymous films also mobilize contemporary digital tools and produce what might be called a counter-visuality of resistance. The study highlights how the collective situates itself within a tradition of images as weapons of struggle while inventing its own forms, shaped by the massive circulation enabled by the Internet and social media. The videotracts deconstruct hegemonic representations while reinserting fragments of Palestinian reality that are absent from the dominant media space. Editing plays a central role: it becomes a heuristic gesture of relational thinking, a mode of affective engagement (pathos, attraction), and a possible vector of action and ethics. These films are defined by a heterogeneous aesthetic—ranging from biting irony to poetic expression, rage, and oniricism—but converge toward a single aim: to make images where only closed visuals circulate, thus opening a space of visibility, recognition, and struggle. Résumé Cet article analyse le geste politique et esthétique de Videotracts for Palestine, collectif né sur Instagram en novembre 2023 dans le contexte de l’offensive israélienne à Gaza. Héritiers des ciné-tracts de 1968 et plus largement du cinéma militant international, ces très courts films anonymes mobilisent aussi les outils numériques contemporains et produisent ce que l’on pourrait appeler une contre-visualité de résistance. L’étude met en évidence la manière dont le collectif s’inscrit dans une tradition d’images comme armes de lutte tout en inventant ses propres formes, façonnées par la circulation massive permise par Internet et les réseaux sociaux. Les vidéotracts déconstruisent les représentations hégémoniques tout en réinscrivant des fragments de réalité palestinienne absents de l’espace médiatique dominant. Le montage y occupe une place centrale : il devient un geste heuristique de mise en relation, un mode d’engagement affectif (pathos, attraction) et un vecteur possible d’action et d’éthique. Ces films se définissent par une esthétique hétérogène – entre ironie grinçante, poéticité, rage et onirisme – mais convergent vers une même finalité : faire image là où ne circulent que des visuels clos, ouvrir ainsi un espace de visibilité, de reconnaissance et de lutte. Mots-clés Vidéotracts, Palestine, cinéma militant, vidéoactivisme, numérique
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